La mélodie du tic tac et autres bonnes raisons de perdre son temps

La mélodie du tic tac et autres bonnes raisons de perdre son temps, Paris, Flammarion, 2013

La mélodie du tic-tac et autres bonnes raisons de perdre son temps La vie ordinaire efface le temps perdu : il faut travailler pour vivre, et pour que l’ordre social se maintienne. Perdre son temps devient alors une forme de sabotage. Raison pour laquelle nous ne parlons pas de ce temps que nous perdons ; raison pour laquelle aussi le langage ordinaire se prête mal à décrire le temps perdu. On risque donc ici un éloge de l’inactivité. En faisant redécouvrir plusieurs façons de perdre son temps : la mélancolie, le divertissement, la panne, la procrastination, la flânerie, l’ennui, la rêverie, la cigarette… Mais en constatant également que toutes ces expériences ne sont pas celles de ce temps « volé », « dérobé », « tué » que définit plus précisément le verbe traîner. Ceux qui traînent : les passants dans un cimetière, certains personnages d’Aragon ou de Queneau, M. Hulot détraquant l’ordre des vacances, les passagers d’un RER stoppé par la neige, l’internaute soudain débranché. Ces moments étranges – où Pascal, lui, pariait sur Dieu… – sont autant d’expériences de pensée. Car philosophe est celui qui ne craint pas de rater son train.

 

Bio

Je suis né en 1971 à Tunis. Elève de l’ENS, rue d’Ulm, de 1991 à 1996, j’ai suivi un cursus parallèle en mathématiques et en philosophie. Après une thèse de philosophie, soutenue en 1999, j’ai été nommé chargé de recherche au CNRS, où je suis resté de 2001 à 2011. Depuis novembre 2011, je suis professeur au département de philosophie à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Je suis également co-éditeur de la revue SubStance.

Mon travail concerne les relations entre l’Imaginaire et la Raison. Comment l’imaginaire, et l’imaginaire le plus bizarre, joue-t-il à l’intérieur de ce qui relève, ou devrait relever, de la raison ?

Dans une perspective critique, j’ai étudié les archives de plusieurs savants (Kurt Gödel, Emil Post, Norbert Wiener), travaillé aussi sur certaines expériences de neurosciences, pour montrer comment des images, des images fantastiques, peuvent orienter ces recherches scientifiques. A l’inverse, j’ai cherché, dans des oeuvres littéraires ou artistiques, comment intervenaient des éléments scientifiques et se nouait alors une autre relation, extra-scientifique, entre Imaginaire et Raison

Dans une perspective spéculative, j’ai essayé moi-même de jouer sur l’imaginaire et, au moyen de la fiction, de développer une métaphysique originale.