Les rêves cybernétiques de Norbert Wiener. Entretien

 

Entretien avec Aurélie Luneau, La marche des sciences (France Culture) autour des Rêves cybernétiques de Norbert Wiener

 

La mélodie du tic tac et autres bonnes raisons de perdre son temps

La mélodie du tic tac et autres bonnes raisons de perdre son temps, Paris, Flammarion, 2013

La mélodie du tic-tac et autres bonnes raisons de perdre son temps La vie ordinaire efface le temps perdu : il faut travailler pour vivre, et pour que l’ordre social se maintienne. Perdre son temps devient alors une forme de sabotage. Raison pour laquelle nous ne parlons pas de ce temps que nous perdons ; raison pour laquelle aussi le langage ordinaire se prête mal à décrire le temps perdu. On risque donc ici un éloge de l’inactivité. En faisant redécouvrir plusieurs façons de perdre son temps : la mélancolie, le divertissement, la panne, la procrastination, la flânerie, l’ennui, la rêverie, la cigarette… Mais en constatant également que toutes ces expériences ne sont pas celles de ce temps « volé », « dérobé », « tué » que définit plus précisément le verbe traîner. Ceux qui traînent : les passants dans un cimetière, certains personnages d’Aragon ou de Queneau, M. Hulot détraquant l’ordre des vacances, les passagers d’un RER stoppé par la neige, l’internaute soudain débranché. Ces moments étranges – où Pascal, lui, pariait sur Dieu… – sont autant d’expériences de pensée. Car philosophe est celui qui ne craint pas de rater son train.

 

Les limites imaginaires du monde de la raison

Quatre conférences au CUF Saint Petersbourg 9-18 février 2016

 

La plage du Moulleau                                     (Jean-Paul Alaux, 1909)

 

Conférences I et II. Introduction. Descartes, ou comment le rationalisme prend l’eau

Conférence III. Le bord de mer

Conférence IV. Le cas Gödel

Les rêves cybernétiques de Norbert Wiener

Les rêves cybernétiques de Norbert Wiener, Paris, Seuil, 2014.

Un savant disparu réapparaît dans un kibboutz pour être aussitôt assassiné. Qui était-il et qui l’a tué ? C’est le thème d’une courte fiction découverte dans les archives de Norbert Wiener (et publiée ici).

À partir de cette fiction, Pierre Cassou-Noguès tente de reconstituer le parcours et les dilemmes de ce savant singulier. Voyageur infatigable, penseur versatile, mathématicien autant que romancier, Norbert Wiener invente à la fin de la Seconde Guerre mondiale, sous le terme de cybernétique, une nouvelle façon de conjuguer l’humain et la machine. Tantôt séduit par ses propres créatures, comme Pygmalion, tantôt effrayé par elles, comme le Dr Frankenstein, le savant hésite et se cache derrière d’innombrables écrans. L’enquête nous mène du cabinet de Freud jusque dans le cerveau des usines automatiques et certains cauchemars d’E. A. Poe. On y rencontre des détectives, des robots, des savants fous et d’autres qui ne le sont pas du tout, des sorciers, des machines qui travaillent et d’autres qui dansent et jouent, un corbeau, des cyborgs, des posthumains.

La question, finalement, est de savoir si l’humain survit dans cet avenir incertain qui est maintenant le nôtre. Ou bien l’humain a-t-il été éliminé ? Et si c’est le cas, est-ce mal ? Et par qui a-t-il éliminé ? Les savants, leurs machines ou une idéologie du travail qui sous-tend le capitalisme aussi bien qu’un certain marxisme ?

Voir la conférence au CNAM sur ce livre

Ecouter l’entretien avec Aurélie Luneau autour de ce livre