Bio

Je suis né en 1971 à Tunis. Elève de l’ENS, rue d’Ulm, de 1991 à 1996, j’ai suivi un cursus parallèle en mathématiques et en philosophie. Après une thèse de philosophie, soutenue en 1999, j’ai été nommé chargé de recherche au CNRS, où je suis resté de 2001 à 2011. Depuis novembre 2011, je suis professeur au département de philosophie à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis. Je suis également co-éditeur de la revue SubStance.

Mon travail concerne les relations entre l’Imaginaire et la Raison. Comment l’imaginaire, et l’imaginaire le plus bizarre, joue-t-il à l’intérieur de ce qui relève, ou devrait relever, de la raison ?

Dans une perspective critique, j’ai étudié les archives de plusieurs savants (Kurt Gödel, Emil Post, Norbert Wiener), travaillé aussi sur certaines expériences de neurosciences, pour montrer comment des images, des images fantastiques, peuvent orienter ces recherches scientifiques. A l’inverse, j’ai cherché, dans des oeuvres littéraires ou artistiques, comment intervenaient des éléments scientifiques et se nouait alors une autre relation, extra-scientifique, entre Imaginaire et Raison

Dans une perspective spéculative, j’ai essayé moi-même de jouer sur l’imaginaire et, au moyen de la fiction, de développer une métaphysique originale.

 

Mon zombie et moi

Mon zombie et moi. La philosophie comme fiction, Paris, Seuil, 2010

Que et où suis-je ?

Après avoir revisité un certain nombre de positions classiques sur la nature et le statut du sujet (celle de Descartes notamment) et de réponses possibles à la question de savoir ce que je suis (une personne ? une machine ?), cette enquête développe une théorie originale fondée sur la notion de figures imaginaires.

On y trouvera une façon nouvelle de faire de la philosophie, s’appuyant sur et passant par la fiction. Cette méthode est mise en œuvre par l’analyse d’une série de figures tirées de la littérature, où sont convoqués des auteurs classiques comme Poe, Maupassant, Nerval, aussi bien que des écrivains de science-fiction comme Wells, Conan Doyle, Stapledon, Ph. K. Dick. S’y ajoutent d’originales fictions imaginées par l’auteur, qui deviennent autant de plans d’expérience philosophique : puis-je, au sens propre, perdre la tête ? être invisible ? intouchable ? habiter un tableau ? être fait de plusieurs morceaux ?

Voici, autour de la question du sujet, un parcours par la fiction d’un pan de la philosophie aussi bien qu’un voyage philosophique à travers la science-fiction.

 

Lire le cerveau. Neuro/science/fiction

Lire le cerveau. Neuro/science/fiction. Paris, Seuil, 2012

 

La science-fiction a souvent exploré l’idée d’un « lecteur de cerveaux », appareil qui permettrait de lire directement la pensée dans le cerveau. Plusieurs articles scientifiques récents reprennent et discutent un tel projet. Les chercheurs ici rêvent et ils le savent. Mais ce rêve, ou ce fantasme, pose des questions fondamentales et passionnantes sur ce qu’on dénomme « pensée ». Comment concevoir un lecteur de cerveaux ? Quelles seraient ses fonctions ? Quel usage en ferions-nous ? Comment transformerait-il les relations humaines ? C’est ce qu’il s’agit ici de chercher à comprendre, par le biais de la fiction ? par exemple en en appelant à Proust et Hitchcock. On rencontre en effet dans leurs œuvres ce que l’on pourrait appeler des scènes « critiques », véritables expériences de pensée permettant de mesurer la portée et de préciser les fonctions d’un lecteur de cerveaux.

Ecouter l’entretien avec Jean-Claude Hennebel à propos de ce livre